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Repenser les compétences d’alphabétisation dans un monde numérique

08.09.2017

« Pour être un facteur d’autonomie réelle, les nouvelles technologies doivent s’appuyer sur deux piliers » a déclaré la Directrice générale de l’UNESCO Irina Bokova en inaugurant au siège de l’UNESCO à Paris la Conférence internationale sur la Journée internationale de l’alphabétisation, qui a pour thème cette année l’alphabétisation dans un monde numérique. « Elles doivent tout d’abord être inclusives et colmater les fractures au lieu de les amplifier. Elles doivent ensuite être ancrées dans le respect des droits de l'homme et de la dignité humaine. Tout cela suscite de nouvelles interrogations sur la signification que prend l’alphabétisation aujourd’hui. »

La Journée a réuni plus de 200 acteurs et décideurs du monde entier venus discuter et examiner de quelles façons les technologies numériques peuvent contribuer à combler les lacunes de l’alphabétisation, et développer et suivre les compétences d'alphabétisation indispensables dans les sociétés d'aujourd'hui. Il est particulièrement important de noter que 750 millions de personnes à travers le monde, dont 63 % de femmes, ne possèdent toujours pas les compétences de base en lecture et en écriture.

« L’alphabétisation a été traditionnellement considérée comme formant un ensemble de compétences en lecture, en écriture et en calcul. Le monde numérique exige de nouvelles compétences d’un niveau supérieur, qui s’ajoutent à ces compétences de base » précise Mme Bokova. 

L'invitée d’honneur, Son Altesse Royale la Princesse Laurentien des Pays-Bas, Envoyée Spéciale de l'UNESCO pour l’alphabétisation au service du développement, a souligné à quel point, dans le monde d’aujourd’hui, l'alphabétisation est au cœur de la participation sociale et de l'engagement. « Il n’y a pas d’inclusion si nous laissons de côté 750 millions de personnes dépourvues des compétences d'alphabétisation de base pour participer au monde numérique d'aujourd'hui » a-t-elle déclaré. « Il n'y a pas de cohésion sociale si nous laissons les jeunes nourrir des sentiments d'exclusion et manquer de confiance en eux. »

S.E. Madame Sarah Anyang Agbor, Commissaire en charge des ressources humaines, des sciences et des technologies de la Commission de l’Union africaine, a souligné l'aspect de l’inclusion au service du développement durable. « Pendant que nous réfléchissons à des moyens numériques, nous devons aussi réfléchir à des moyens non numériques qui améliorent également notre vie » a-t-elle déclaré. « Nous devons par conséquent garantir l'inclusion et mettre en œuvre des interventions appropriées dans l'utilisation des TIC pour bâtir des sociétés durables pour tous. »

L'inauguration a été suivie d’une séance intitulée « Repenser l’alphabétisation dans un monde numérique » dont le but était de mieux comprendre les compétences générales nécessaires au 21ème siècle. Avec l’évolution du concept de l’alphabétisation, on assiste à une évolution des demandes qui vont des compétences fondamentales en lecture et en écriture à la capacité de comprendre, de s’engager et d’utiliser de façon critique les services électroniques qui remplacent aujourd'hui les services déconnectés de base. 

Des programmes prometteurs favorisant l'alphabétisation grâce à une approche inclusive aux technologies ont été mis en évidence lors de l'événement. Les lauréats des Prix internationaux d’alphabétisation de l’UNESCO 2017, venus d’Afrique du Sud, du Canada, de Colombie, de Jordanie et du Pakistan ont présenté leurs programmes pour illustrer la façon dont les technologies numériques peuvent contribuer à l'alphabétisation et créer des possibilités d’apprentissage tout au long de la vie. 

Autre thème abordé au cours de la journée, les risques et leurs réponses dans un monde numérique. Il a porté en particulier sur la nécessité d’inclure les personnes dans les sociétés de l’information, où l’expansion de la digitalisation amplifie la fracture numérique, risquant de marginaliser encore davantage les personnes analphabètes. Des représentants du secteur privé, des gouvernements et des organisations éducatives ont procédé à un échange de vues sur les risques existants tels que la vie privée et la sécurité et sur les moyens de réduire la fracture par une approche plus inclusive aux technologies.

L'utilisation des technologies pour mieux évaluer et suivre l’alphabétisation grâce à des outils numériques, des données en temps réel et des méthodes analytiques, a été aussi mise en avant. Des intervenants de l'OCDE, de l'Institut de statistique de l’UNESCO et de l'Institut des programmes d’enseignement du Kenya ont examiné le potentiel que présentent les technologies numériques pour un meilleur suivi de l’apprentissage d'alphabétisation et des niveaux d'alphabétisation.

À la fin de la Journée, les Prix internationaux d’alphabétisation ont été officiellement remis par la Directrice générale aux cinq lauréats, à l’occasion d’une cérémonie.

Les deux Prix d’alphabétisation UNESCO-Roi Sejong consacrés à l’enseignement et à la formation à l’alphabétisation en langue maternelle, sous le parrainage de la République de Corée, ont été décernés aux lauréats suivants :

  • Centre d’études sur l’apprentissage et la performance (CSLP) de l’Université Concordia (Canada), pour son projet « Utiliser les technologies éducatives pour développer les compétences pédagogiques essentielles » en Afrique subsaharienne, qui met au point et distribue gratuitement à l’échelle mondiale des outils pédagogiques.
  • Nous aimons lire (Jordanie), un programme reposant sur une communauté virtuelle qui propose en ligne aux parents des formations à la lecture à haute voix, mobilise des bénévoles pour lire à haute voix aux enfants dans des espaces communautaires, et fournit des matériels de lecture appropriés aux différentes tranches d’âge grâce à une bibliothèque numérique.

Les trois prix UNESCO-Confucius d’alphabétisation, sous le parrainage du gouvernement de la République populaire de Chine, qui récompensent des actions bénéficiant aux populations rurales et aux jeunes non scolarisés, en particulier aux filles et aux femmes, ont été décernés aux lauréats suivants :

  • AdulTICoProgram du Secrétariat des technologies de l’information et de la communication de la ville d’Armenia (Colombie), pour l’enseignement de compétences numériques aux personnes âgées.
  • La Fondation des citoyens (Pakistan) pour son Programme d’alphabétisation Aagahi destiné aux femmes et aux filles non scolarisées, qui réalise une évaluation des besoins éducatifs numériques et fournit des services d’enseignement en vue de l'éducation des jeunes filles et des femmes adultes.
  • FunDza (Afrique du Sud) pour son projet destiné aux lecteurs et aux auteurs, cherchant à développer une culture de la lecture et de l’écriture pour le plaisir par le biais d’une plate-forme en ligne qui organise des cours de lecture et des concours d’écriture et qui met en relation les lecteurs et les auteurs.

La Journée internationale de l’alphabétisation est célébrée chaque année à travers le monde, réunissant gouvernements, organisations bilatérales et multilatérales, ONG, secteur privé, communautés, enseignants, apprenants et experts du domaine. C'est l’occasion de célébrer les réalisations et de réfléchir aux moyens de lutter contre les défis qui subsistent dans la promotion de l’alphabétisation considérée comme partie intégrante de l’apprentissage tout au long de la vie, dans le cadre de l’Agenda Education 2030 et au-delà.